Environnement : En Mauritanie, la problématique de l'environnement bénéficie d'un intérêt croissant avec la création du Ministère délégué auprèsdu premier ministre en charge de l'environnement et du développement en 2007. Parmi les actions réalisées par ce département, nous avons l'adoption de la stratégie nationale du développement durable (SNDD) et du plan d'action national pour l'environnement (PANE), la révision du décret relatif aux études d'impact environnemental (EIE), et la révision du Code forestier.
Avec le début de l'exploitation pétrolière, un panel scientifique indépendant a été mis en place pour améliorer la capacité de réponse des acteurs publics et privés face aux risques technologiques majeurs induits par l'activité pétrolière et gazière On et Offshore. Des projets visant à atteindre cet OMD ont été aussi initiés. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer ceux sur ‘l'Articulation entre Pauvreté et Environnement', ‘l'Adaptation aux changements climatiques et côtiers' et ‘La lutte contre la désertification'.
Malgré ces progrès, des goulots d'étranglement institutionnel, juridique, technique et financier existent. On peut citer par exemple le manque de leadership du département en charge de l'environnement, la carence des textes et lois et leur faible application, la méconnaissance des ressources naturelles existantes, l'absence des institutions de recherche scientifique, faible prise en compte de la communication et de l'information, le manque d'outils méthodologiques/directives, le manque de compétence, l'insuffisance de l'allocation budgétaire national. En somme, la tendance actuelle laisse penser que les cibles relatives à l'environnement ne seront pas atteintes en 2015.
Eau potable et assainissement : Comme pour la plupart des secteurs en Mauritanie, il est constaté une rareté et une multitude de données qui sont très souvent différentes et ne sont pas fiables. Les tendances selon les données de la JPM sont indiquées dans les graphiques ci-dessous.
2.2. Orientations stratégiques et pistes d'actions :
Environnement : Il est important de noter l'intégration de l'environnement et du développement durable comme thématique transversale dans le cadre de l'élaboration du plan d'action 2011-2015 du cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP). En outre, la déclinaison du CSLP en Programmes régionaux, dans le cadre de la régionalisation et décentralisation prônées par le gouvernement, devrait réduire significativement les tendances actuelles de déperdition des ressources naturelles. A cet effet, plusieurs pistes méritent une attention particulière :
(i)l'intensification de la lutte contre la désertification avec une plus grande mobilisation des ONG spécialisées et des associations communautaires,
(ii)la préservation des ressources halieutiques et du milieu marin,
(iii) la protection de la biodiversité,
(iv) la préservation de l'environnement urbain dans un contexte d'urbanisation accélérée,
(v)la nécessité, au plan juridique, d'adopter et de mettre effectivement en vigueur les textes réglementaires d'application des différentes lois portant sur le développement durable et l'environnement.
Eau potable et assainissement :
En général pour le secteur, il convient de : (i) développer un plan réaliste et réalisable pour présenter au Partenariat Mondial « Assainissement et Eau pour Tous » pour financement ; (ii) créer un système de collecte et de mise à jour régulier des données ; (iii) renforcer les capacités individuelles et institutionnelles du secteur.
Pour le volet assainissement : (i) rompre avec l'ancienne stratégie de privilégier la construction latrines au niveau rural et adopter des nouvelles approches telles que l'ATPC ; (ii) pour le milieu urbain, promouvoir la construction des ouvrages collectifs, notamment pour Nouakchott, Nouadhibou et Rosso.
Pour le volet approvisionnement en eau : (i) promouvoir le forage manuel viable sur au moins 20% de l'étendue du pays; (ii) promouvoir les extensions de réseau dans les quartiers pauvres des grandes villes.
3.3. Besoins de financement :
Assainissement : L'atteinte des OMDs coûtera environ 85 millions $US dont (i) 72 millions pour les infrastructures, essentiellement en milieu urbain (Nouakchott, Nouadhibou et Rosso), (ii) 4,7 millions pour le changement de comportement et l'adoption de bonnes pratiques (estimé, selon l'approche ATPC, à 3,5 $US par personne), et (iii) 8,4 millions consacrés au renforcement des capacités.
Accès eau potable : Pour atteindre la cible, le montant global des dépenses s'établit à 104,5 millions $US répartis come suit : (i) 88 millions $US en infrastructures afin d'assurer l'accès à environ 730 000 personnes, (ii) 7 millions $US pour la sensibilisation sur l'utilisation rationnelle, la conservation et le traitement de l'eau (seulement 30% de la population, parmi les personnes ayant accès, même en milieu urbain, consomme une eau potable), et (iii) 9,5 millions $US pour le renforcement des capacités.