Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies
Situation et tendances :
Au regard des expériences vécues dans des pays à forte prévalence du VIH/SIDA, la Mauritanie connaît actuellement la situation « piège » par excellence.
En effet, dans ce pays, l’épidémie se caractérise par une faible prévalence et une f orte incidence. Ainsi, si l’épidémie ne concerne encore qu’une proportion faible de la population, que 1% de la population totale comparativement aux autres pays africains, elle se propage quant à elle à un rythme inquiétant. Selon les chiffres officiels, le taux de prévalence du virus dans la population en général a fortement augmenté en passant de 0,3% en 1992 à 1% en 2000 (taux atteint dans certaines zones couvertes par l’enquête auprès des femmes enceintes réalisée en 2001.)
Conscient de cette situation, le gouvernement Mauritanien manifeste un intérêt croissant pour la problématique du VIH/SIDA. Cet intérêt s’est matérialisé par la création en 2002 d’un conseil national du SIDA présidé par le Premier ministre lui -même et l’adoption d’un cadre straté gique multisectoriel de lutte contre le VIH/SIDA.
Le SENLS (Secrétariat Exécutif National pour la Lutte contre le Sida), organe exécutif du conseil national précité, met en oeuvre depuis 2003 un ambitieux programme MAP doté d’une importante enveloppe fina ncière. Dans le cadre du programme MAP doté d’un budget de 24 millions US$, les principales actions suivantes ont déjà été mises en oeuvre : La finalisation des plans sectoriels, la finalisation des plans d’action des ONG, l’organisation de plusieurs campa gnes de sensibilisation en direction des groupes cibles et du grand public, le lancement des travaux de construction d’infrastructures de prise en charge des malades et l’engagement du processus d’appui à l’accessibilité financière des traitements ART.
Une nouvelle soumission au Fonds Mondial pour la Lutte contre le VIH/Sida, le Paludisme et la tuberculose est en cours de préparation et sera présentée en juin 2005.
Six défis majeurs devront être relevés par la Mauritanie au cours des prochaines années pou r renverser la tendance de propagation de l’épidémie du VIH/SIDA : (i) Le faible niveau de connaissance et d’information de la population sur le VIH/SIDA et les IST ; (ii) Les faiblesses du système de surveillance épidémiologique de l’infection à VIH ; (iii) L’insuffisance des moyens de prévention : Sécurité transfusionnelle, diffusion du préservatif, etc. ; (iv) Le faible niveau de vie de la population ; (v) l’implication insuffisante de la société civile ; (vi) la prise en compte préventive de l’impact de la construction de la route Nouakchott – Nouadhibou qui sera achevée en 2004. Cette route qui reliera l’Afrique de l’Ouest au Maghreb à travers la Mauritanie risque de devenir un vecteur de propagation de l’épidémie.
Compte tenu de l’importance de ces défis et de la dynamique d’évolution de l’épidémie, le principe de prudence conduit à prévoir que celle -ci ne sera pas inversée d’ici 2015.