La mortalité maternelle constitue l’un des principaux défis de santé publique en Mauritanie. En effet beaucoup trop de femmes Mauritaniennes perdent la vie en la donnant. Quel paradoxe ! Elle est estimée 4 à 747 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes (EDSM 2000/2001) ; ce taux inquiétant, est du essentiellement à la proportion élevée de grossesses à risque (gros sesses
précoces et rapprochées), et à une faible accessibilité aux soins obstétricaux d’urgence (SOU) de qualité, en particulier la césarienne. L’hémorragie de la délivrance, la dystocie, les complications de l’hypertension artérielle (éclampsie en particulier) et l’anémie sont les principales causes immédiates des décès périnataux. La répartition inéquitable du personnel médical en particulier les sages femmes constitue quant à elle un handicap au développement des soins obstétricaux d’urgences au niveau périphérique et secondaire de la pyramide sanitaire.
Le taux d’accouchements assistés par du personnel médical qualifié est estimé à 57% en 2003. Les naissances sont beaucoup plus souvent assistés par du personnel de santé en milieu urbain qu’en milieu rural. Ce taux varie beaucoup avec le niveau d’instruction des mères. La moyenne de consultation prénatale par femme est de 2,14 en 2003. Le taux de recours à la contraception, toutes méthodes confondues, demeure très faible et s’établit à 8 %. La couverture du vaccin antitétanique chez les femmes enceintes est de 35,78 % en 2003 5. Le gavage constitue une pratique traditionnelle très répandue en Mauritanie. Elle est néfaste pour la santé des femmes. En 2000, une femme sur cinq (22%) était ou a été victim e du gavage.