Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
Situation et tendances :
La situation de la femme Mauritanienne a connu une évolution favorable au cours de deux dernières décennies et son rôle dans la société s’est vu renforcé. Cette amélioration concerne notamment l’éducation primaire, l’emploi public et l’accès aux sphères de décision. Cependant, le statut général de la femme demeure moins valorisant que celui de l’homme dans plusieurs domaines : durée des études dès le niveau secondaire, accès à l’ensei gnement technique et scientifique, emploi notamment privé, accès aux ressources et facteurs de productions (terre, finances, etc.), etc. D’autre part, les femmes sont victimes de pratiques néfastes comme l’excision (qui concernait 75% des femmes en 2000) ou le gavage. Au niveau éducatif, la Mauritanie a réussi au cours des dernières années à relever de manière considérable son taux brut de scolarisation dans le premier cycle primaire et à réduire dans des proportions remarquables l’écart de scolarisation entre les filles et les garçons pour ce niveau d’enseignement. Si bien que le rapport mondial sur le développement humain réalisé par le PNUD en 2003 cite la Mauritanie comme exemple dans ce domaine. Cet écart éducatif est même devenu à l’avantage des filles depuis 2002 (voir objectif 2 plus haut.) Ainsi, le taux brut de scolarisation (TBS) était de 92,7% pour les filles en 2003 contre 90,7% pour les garçons.
Cependant, les filles restent moins longtemps au niveau de l’enseignement secondaire que les garçons (voir objectif 2 plus haut.) L’interruption de la scolarité des filles en fin de premier cycle de l’enseignement et au moment du passage au secondaire s’explique par les principaux facteurs suivants : le nombre insuffisant d’écoles primaires à cycle complet (en 2003, 83% des écoles primaires étaient à cycle incomplet) et leur répartition inéquitable entre les zones géographiques, notamment en milieu rural, le nombre insuffisant d’établissements d’enseignement secondaire et leur mauvaise répartition géographique, l’accaparement par les activités domestiques liées aux conditions socio -économiques du ménage. Au niveau de l’enseignement supérieur, la proportion des filles inscrites est encore plus faible qu’au niveau secondaire même si une telle proportion continue de s’améliorer puisque les étudiantes représentaient seulement 21,25% des effectifs en 2002 au niveau de cet ordre d’enseignement (20,69% en 2001.) Entre 1992 et 1999, ce taux était resté globalement stable autour d’une valeur de 15%.
En termes d’alphabétisation, la femme accuse un retard par rapport à l’homme. Selon l’étude réalisée par le CMAP en 2005 (voir plus haut), la moitié des femmes Mauritaniennes, tous âges confondus, demeurent analphabètes (49,9%) alors que seuls 42,8% des hommes l e sont, ce qui correspond à un sexe ratio de 0,78 pour la tranche d’âge 15-24 ans.